Histoire de l'Internet , des réseaux et du web

MEMEX - As we may think - Vannevar Bush

| | Tweet

L'actu de la

MEMEX - As we may think - Vannevar Bush

Au sortir de la deuxième guerre mondiale, le Docteur Vannevar Bush, alors directeur de l'office de recherche scientifique et de développement , et à ce titre coordinateur des recherches des quelques 6000 scientifiques engagés dans l 'effort de guerre américain, publie un article que nous savons aujourd'hui être prophétique.

Devenu célèbre sous son titre original, « As we may think » - ainsi pourrions nous penser - cet article publié dans le numéro de Juillet 1945, de la revue « The Atlantic Monthly» dresse un bilan des progrès scientifiques et techniques accomplis.Dans ce texte visionnaire, V. Bush souligne l'importance des processus physiques d'enregistrement, entendus au sens large de tout ce qui permet de conserver des données. Il insiste sur une telle nécessité.

La photographie est l'un de ces moyens qui retiennent particulièrement son intention. Le microfilmage, mais aussi le microfichage ne sont plus vus comme une façon de cacher des informations pour les transporter en temps de guerre. Pensons combien les années de la guerre froide ont véhiculé cette image de l'espion porteur d'un microfilm. Mais déjà dans le texte de Bush, le microfilm est vu comme un moyen de compression de l'information, non plus pour la dissimuler mais bien pour pouvoir la stocker facilement, et à moindres frais.
«Compression is important when it comes to cost» , ce qui est toujours vrai.


Il y a soixante cinq ans, V. Bush décrivait l'un des premiers synthétiseurs vocaux, le Vocoder ainsi que le principe de la reconnaissance de caractères. Il prédisait le développement de la calculette, l'importance qu'auraient les systèmes à balayage électronique comme la télévision ... Nombre des outils techniques qui font notre modernité. Mais on ne doit pas se méprendre, Vannevar Bush n'est pas un visionnaire solitaire à la Léonard de Vinci, ou à la Jules Vernes. C'était alors le directeur de l'Office Scientifique de recherche et Développement américain. Sa fonction était de coordonner les activités des chercheurs et il est donc normal qu'à ce titre, lui plus que quiconque pouvait prédire les futurs bouleversements technologiques.

C'est donc au sixième paragraphe d'"As we may think"que Vannevar Bush décrit ce qui est d'après lui le mode de fonctionnement de notre cerveau. Selon lui la manière dont nous indexons les documents est beaucoup trop éloignée de la façon dont nous réfléchissons. Pour Bush, le cerveau fonctionne par associations. S'agit il d'un modèle universel de la pensée , ou plus particulièrement une habitude mentale créée par la langue et la culture anglo-saxonne ? Les européens ayant plutôt des types de raisonnement qualifiés d'hypothético-déductifs ? Le fameux cartésianisme français, en étant peut être un exemple. Ce n'est pas là ce qu'il importe de trancher, mais c'est l'hypothèse formulée par Vannevar Bush dans ce texte. Aujourd'hui avec un recul de plus de soixante ans, on perçoit combien toute la recherche scientifique de cette époque est traversée d'un questionnement sur l'analogie possible entre le fonctionnement du cerveau et celui des machines, et plus particulièrement sur l'analogie entre les modes de fonctionnement de l'intellect humain et des calculateurs informatiques.


Ce sont déjà les premiers textes des Cybernéticiens. Ils sont contemporains d'une figure marquante de l'informatique : Alan M. Turing, dont le fameux test qui porte son nom est toujours pratiqué dans les concours d'intelligence artificielle. Nous savons que Bush connaissait Norbert Wiener, le père de la Cybernétique.Qu'il rencontra John von Neumann, (un ordinateur est une machine de Von Neumann),et que lui même (Bush) a conçu un puissant calculateur. Il ne pouvait donc pas être étranger à ce débat. Il propose donc de s'inspirer de nos processus mentaux pour gérer de manière efficace l'immense ensemble de données que ne manquera pas de se constituer l'humanité grâce aux merveilleux moyens d'enregistrement et de stockage offerts par les nouvelles techniques qu'il mentionne.

Il propose d'en mécaniser aussi la sélection. On pourrait presque parler de navigation à l'intérieur d'une base de données, si ce n'était pas pour l'époque un néologisme. A l'indexation poussiéreuse de nos grandes bibliothèques il préfère substituer un procédé par association.

Contact | Mentions légales | Plan du site | A015bis - référencement & création de sites web | ©2007- 2011 www.histoireinternet.com L'invention du web et du reseau des réseaux