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MEMEX - As we may think - Vannevar Bush (suite)

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MEMEX - As we may think - Vannevar Bush (suite)


La bibliothéconomie, la documentation étant des champs qui ont eux aussi depuis 50 ans, fait l'objet d'une réflexion, certains auteurs, plus directement issus de cette école ne partagent pas tous l'avis de Vannevar Bush sur l'indexation. Sur ce point particulier on peut consulter l'article en ligne Guy Teasdale . Dans un article rendant implicitement hommage à la vision de 45, « as we will think » , Ted Nelson apportera lui aussi un bémol aux propos de Bush.
Néanmoins pour Vannevar Bush « si on ne peut espérer battre le cerveau en rapidité, peut on au moins penser que les nouveaux types de stockage surpassent nos facultés intellectuelles en ce qui est de la restitution et de la conservation de l'information. La futur invention devra être destiné à l'emploi individuel » , une sorte de bibliothèque mécanisée.
Cette invention , il la baptise Memex.

Un « memex est une invention dans laquelle une personne quelconque peut stocker (stores) ses livres , ses enregistrements et communications, et qui est mécanisée de manière à ce qu'elle puisse être consultée rapidement et avec souplesse.» Bush défini le memex comme prothèse de la mémoire, «It is an enlarged intimate supplement to his memory», une memory extension : Memex. (ou encore Memory extender, selon les auteurs)
Si Simondon introduit la différence entre l'outil et l'instrument, l'outil est ce qui prolonge le bras, ce qui prolonge l'action physique, comme par exemple le marteau prolonge la main. L'instrument prolonge le sens, comme la lunette optique qui prolonge la vue. Qu'est ce qu'un objet qui prolonge l'intelligence ? Qu'est ce qu'un objet qui prolonge la mémoire ? Dans son texte Vannevar Bush n'utilise pas le terme d'extension, pour définir memex, il le nomme, le décrit et comme si il n'appartenant à aucune catégorie parce que trop nouvelle ?

C'est sans doute aussi que la réflexion sur «les outils» de culture, les médias, mais surtout le livre est elle même trop récente, MacLuhan ne viendra que quelques 15 ans plus tard.
Pour en revenir au Memex , Vannevar Bush s'applique ensuite à décrire son invention :Elle se constitue d'un bureau, et bien qu'il soit envisageable de la consulter à distance, c'est avant tout le meuble sur lequel on travaille. La partie haute se compose d'écrans translucides sur lesquels on projette le matériel ( de la consultation) pour une lecture plus pratique. Il y a un clavier...Dans son Memex, Bush avait déjà prévu de mettre « des livres de toutes sortes, des images, des journaux, des revues, la correspondance professionnelle, mais aussi des notes personnelles, des photos, des agendas ( mémoranda)"
Une impression de déjà vu ? ? Force est de constater que tout déjà est là, dans ce texte de 45. Même les raccourcis claviers sont prévus, ainsi que le stylet pour inscrire ses notes et commentaires sur les documents.

 

On peut bien sur faire des recherches par les moyens habituels de l'indexation , si un particulier souhaite consulter un livre , il tape son code sur un clavier, et la page de titre du livre apparaît rapidement devant lui ...Mais toutes ses innovations ne seraient que des gadgets techniques comparées à la caractéristique essentielle de Memex : Cette possibilité de relier entre eux deux éléments : «This is the essential feature of the memex. The process of tying two items together is the important thing ».

C'est cette idée qui préfigure ce que nous appelons aujourd'hui Navigation dans un hypermédia, ou même peut être interaction. En effet il décrit comment chaque lecteur - utilisateur du Memex doit construire sont propre parcours, son propre cheminement à travers l'ensemble des éléments, déjà multimédia, disponibles dans le Memex. D'ailleurs Vannevar Bush n'utilise pas le terme de lecteur mais bien celui de «User». Pourtant étymologiquement lire vient de legere qui signifie lier, relier les signes entre eux pour créer du sens. Mais l'anglais n'est pas une langue latine !

Bien sur chaque cheminement reflète les centres d'intérêt du moment. Bush propose ensuite de nommer ce qu'aujourd'hui nous qualifierions de session, et de la garder en mémoire. Les combinaisons pouvant bien sur varier à l'infini. Ce que décrit Bush dans sa conclusion n'est pas encore advenu, les plus curieux des lecteurs pourront se référer au texte original, dont de très larges extraits sont repris ici. Et que l'on peut consulter en ligne à l'adresse suivante :
http://www.theatlantic.com/magazine/archive/1945/07/as-we-may-think/3881/

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